Intimidation des parents
Intimidation des parents
Il n'y a pas que les usagers qui sont en conflit avec le SAMSAH de la Pointe du Lac. De nombreux parents de personnes accompagnées le sont aussi. Mais la plupart préfèrent éviter toute interaction avec l'encadrement, par crainte de représailles contre leurs enfants. Cette opposition, souvent invisible, est impossible à mesurer pour les financeurs et les contrôleurs de l'institution.
Une réunion de rentrée transformée en recadrage
Après des critiques émises par des usagers et des parents au printemps et à l'été 2023, l'ancienne cheffe de service a transformé la réunion de rentrée du SAMSAH — un événement censé être rassembleur et positif — en une série de jeux infantilisants visant à expliquer aux parents le « bon » fonctionnement du SAMSAH.
Les parents y étaient présentés comme des personnes incapables de comprendre par elles-mêmes le fonctionnement de la structure, et donc illégitimes à émettre quelque critique que ce soit. Le message était clair : ce n'est pas l'institution qui fait mal son travail, ce sont les parents qui comprennent mal la situation. Ils étaient invités à revoir leur position.
Cette démarche a outré de nombreux parents, fragilisant encore la relation entre les familles et le SAMSAH.
« Le SAMSAH est une passerelle » : une menace à peine voilée
Un nouveau slogan est apparu lors de cette réunion de rentrée, répété de très nombreuses fois par l'ancienne cheffe de service, et repris en chœur de manière mécanique par l'ensemble de l'équipe : « Le SAMSAH est une passerelle. »
S'il est vrai que les usagers du SAMSAH n'ont pas vocation à être accompagnés à vie par la structure, l'emploi de cette formule dans ce contexte — juste après des critiques émises par les parents et les usagers — constituait une menace à peine voilée : toute opposition frontale pouvait se traduire par une fin d'accompagnement ou un transfert vers une autre structure.
Cette phrase est depuis devenue une blague noire parmi les usagers du SAMSAH, symbolisant l'injustice dont ils font l'objet et le harcèlement qu'ils subissent.
L'infantilisation s'étend aux partenaires
L'infantilisation pratiquée par le SAMSAH ne se limitait pas aux usagers. Elle touchait aussi les parents et les partenaires de la structure. L'encadrement était incapable de voir en ses interlocuteurs des égaux. Même les responsables associatifs travaillant avec le SAMSAH étaient infantilisés, les cadres de l'institution étant incapables de s'adapter à leurs interlocuteurs, par habitude de prendre de mauvaises attitudes avec les usagers.
Impact sur les personnes accompagnées
Lorsque les parents n'osent plus intervenir auprès de l'institution, les usagers perdent un soutien essentiel. Mais même lorsque les parents restent mobilisés, cela ne change rien aux maltraitances : l'institution ne tient pas davantage compte de leurs critiques que de celles des usagers.
L'institution perd par la même occasion toute crédibilité auprès des familles, et donc tout moyen d'action pour assurer un accompagnement efficace. Lorsque la critique est impossible, lorsque la confiance est définitivement rompue, il ne reste plus qu'une chose aux usagers et à leurs familles : l'humour. La phrase « le SAMSAH est une passerelle » en est devenue le symbole.