Dégradation des moyens et négligence
Dégradation des moyens et négligence
Le SAMSAH de la Pointe du Lac propose de moins en moins d'activités, et celles qui subsistent sont de plus en plus vidées de leur substance. Cette dégradation, résultat de difficultés budgétaires non reconnues officiellement par l'institution mais évidentes pour quiconque la fréquente — un agent d'entretien a été entendu répétant à plusieurs reprises « y'a pas de sous, on peut pas travailler dans ces conditions » —, s'accompagne d'une négligence généralisée dans l'entretien des équipements et l'organisation du service.
Des activités en voie de disparition
Les activités proposées par le SAMSAH se réduisent d'année en année, en quantité comme en qualité. Des partenariats qui permettaient de proposer des activités pertinentes ont été rompus sans être remplacés. Un partenariat avec la ville de Créteil permettait par exemple d'organiser des ateliers diététiques ; après sa fin, l'institution a annoncé les remplacer par des « suivis individuels » — en pratique, assurés par des professionnels en interne qui n'ont pas les compétences pour ce type d'accompagnement, voire véhiculent des méthodes pseudo-scientifiques. Des activités appréciées des usagers, comme le golf, ont été supprimées pour des raisons budgétaires.
La dégradation s'est encore aggravée depuis : le directeur général de l'Apogei 94 a décidé unilatéralement de supprimer toutes les activités collectives au SAMSAH, officiellement afin que le service se recentre sur ses missions. Cette décision a été confirmée par un employé de la structure, qui a indiqué que la seule consigne directe reçue du directeur général était d'arrêter les activités en groupe. Quelle qu'en soit l'intention, cette décision intervient à la suite de la mobilisation collective des usagers contre l'ancienne cheffe de service et de plusieurs signalements adressés à l'ARS. Elle supprime de fait les espaces où les usagers se retrouvaient et pouvaient se constituer en collectif face aux dysfonctionnements du service.
Absence de réseau de partenaires
Le SAMSAH ne développe pas ses propres réseaux de partenaires. L'institution ne connaît pas le CMP (Centre Médico-Psychologique) de sa propre ville. Elle est généralement incapable d'orienter les usagers vers des psychologues en libéral adaptés aux personnes autistes, faute de connaître un réseau de professionnels « sûrs » par l'expérience. Les psychologues de la structure palliaient parfois ce manque en trouvant un professionnel ad hoc, mais uniquement dans des situations de crise, et ces psychologues ont depuis quitté le service.
Si le SAMSAH a pu être une structure relativement en pointe lors de sa création au début des années 2010, elle s'est progressivement ankylosée et renfermée sur elle-même sous la direction de l'ancienne cheffe de service. Le service est aujourd'hui très en retard sur les connaissances contemporaines concernant l'autisme, et cette situation ne pourra pas évoluer tant que l'institution ne multipliera pas ses partenariats pour se mettre à jour.
Une fermeture estivale qui s'allonge
Le SAMSAH fonctionne de manière très réduite pendant les vacances d'été — ce qui est compréhensible. Mais la période de ralentissement s'allonge d'année en année : de fin juin à début octobre. Certaines activités s'arrêtent dès la mi-juin et ne reprennent qu'à la mi-octobre. En pratique, la structure n'accompagne pleinement ses usagers que huit à neuf mois par an. Quelques activités estivales subsistent, mais elles ne suffisent pas à répondre aux besoins des personnes accompagnées.
Des équipements qui se dégradent derrière une façade récente
La structure est récente — elle date du début des années 2010 — et en apparence, tout semble entretenu. Mais pour qui la fréquente régulièrement, les dégradations se multiplient : bornes de recharge des voitures électriques hors service, fuites d'eau et incidents de plomberie, toilettes inutilisables, fontaines à eau sans gobelets. Au service des studios, qui accueille des personnes à plein temps, des périodes sans eau chaude se prolongent pendant de nombreux jours, sans réaction en urgence de l'institution. L'accès à Internet au sein de la structure est régulièrement en panne. Le réseau téléphonique mobile passe difficilement dans la plupart des bâtiments, rendant compliqués les appels téléphoniques des professionnels, y compris ceux qui sont essentiels ou urgents dans le cadre du suivi des usagers. Des solutions techniques existent pour remédier à ce type de problème, mais elles ne sont pas mises en place, malgré les plaintes répétées des salariés. Les équipements ne sont pas renouvelés. Derrière les belles peintures, le manque d'entretien se fait de plus en plus flagrant pour les personnes qui fréquentent au quotidien la structure.
Des véhicules mal entretenus, des usagers mis en danger
Les véhicules du service sont de plus en plus mal entretenus et donc fréquemment indisponibles. Certains salariés « oublient » de recharger les véhicules de service ou de faire le plein. Ce n'est pas un détail : un usager, accompagné par le SAMSAH pour un rendez-vous médical, a failli manquer un rendez-vous de pré-hospitalisation pour une chirurgie liée à un cancer parce que le véhicule n'avait pas d'essence, retardant le départ. D'autres usagers ont vécu des situations similaires, sans que rien ne change. Les salariés négligents sont clairement identifiés, mais jamais rappelés à l'ordre par la direction de l'établissement.
Une désorganisation institutionnalisée
La désorganisation du service se manifeste aussi dans la gestion des absences du personnel. Le secrétariat ne prévient quasiment jamais les usagers lorsqu'un professionnel est indisponible. L'ancienne cheffe de service allait jusqu'à demander à des salariés en arrêt maladie de prévenir eux-mêmes, pendant leurs congés, les personnes accompagnées de leur absence — plutôt que de confier cette tâche au secrétariat.
Plus fondamentalement, de nombreux usagers n'arrivent même pas à être intégrés dans les listes de diffusion du service pour recevoir les informations et les nouvelles du SAMSAH — parfois après plus d'un an de suivi, et malgré de multiples relances restées sans réponse ou suivies d'engagements à régler le problème, jamais tenus. L'information ne circule pas, et la structure ne fait rien pour y remédier.
Impact sur les personnes accompagnées
La dégradation des moyens du SAMSAH n'est pas qu'une question de confort : elle affecte directement la qualité de l'accompagnement et, dans certains cas, la sécurité des personnes accompagnées. Des rendez-vous médicaux manqués, des activités supprimées, des mois de fonctionnement réduit : les usagers subissent les conséquences d'une institution qui dépense plus d'énergie à maintenir une façade qu'à assurer les prestations pour lesquelles elle est financée.