Doubles standards et absence de redevabilité

Doubles standards et absence de redevabilité

Les relations entre le SAMSAH de la Pointe du Lac et les personnes accompagnées sont, par nature, déséquilibrées. La gestion de l'ancienne cheffe de service a aggravé cet état de fait au point de rendre ces relations définitivement improductives, quand elles ne sont pas sources de souffrance.

L'institution ne rend jamais de comptes

L'institution considère qu'elle n'a pas à se justifier lorsqu'elle ne respecte pas ses engagements. Les rendez-vous non honorés par les professionnels — qui sont monnaie courante — ne font l'objet d'aucune explication, d'aucune excuse. En revanche, les absences des usagers, même justifiées, sont systématiquement reprochées.

En privé, et sans grande discrétion, certains éducateurs et aides-soignants s'offusquent même de devoir rendre des comptes aux usagers, et se moquent de ceux qui en demandent.

L'ancienne cheffe de service estimait n'avoir aucun compte à rendre aux personnes accompagnées. Lors des conflits, les usagers étaient sommés de se remettre en cause — ce qu'ils faisaient, autant que possible. L'institution ou l'ancienne cheffe de service : jamais. Cette asymétrie creusait inévitablement le lit de nouveaux conflits, toujours plus durs, dans un processus sans fin et sans issue.

Des réussites confisquées, des échecs imputés

Lorsqu'un usager connaît des évolutions positives dans sa vie, l'institution s'en attribue automatiquement le mérite, même lorsqu'elle n'y est pour rien. En revanche, lorsqu'un usager échoue, c'est sa faute, et il est invité à se remettre en cause. L'institution ne reconnaît quasiment jamais sa part de responsabilité, y compris lorsque ses accompagnements sont manifestement inadaptés ou non effectués.

Critiquer est interdit — sauf si l'usager fait le travail de l'institution

L'ancienne cheffe de service interdisait toute critique, sauf si l'usager était en capacité d'apporter lui-même une solution au problème. Cette exigence ne relevait d'aucune démarche de « co-construction » — dans la mesure où rien d'autre n'a jamais été fait en ce sens au sein de la structure, et où toute solution proposée par un usager était de toute façon condamnée à ne pas être prise en compte. Demander aux usagers de proposer des solutions n'était qu'une manœuvre dilatoire supplémentaire pour ne pas traiter leurs doléances.

Des réunions conçues comme des guet-apens

Les instances de résolution des conflits au sein du SAMSAH n'existaient pas en tant que telles. En pratique, il s'agissait de réunions ad hoc pour éteindre les incendies, parfois de véritables guet-apens : usagers alpagués dans les couloirs, convoqués à des rendez-vous sans objet communiqué ou sobrement intitulés « points de situation » — en réalité des règlements de comptes où l'institution était préparée et l'usager pris par surprise.

Le dispositif était systématiquement déséquilibré. Un usager, habituellement libre de circuler dans les locaux du SAMSAH, a été contraint d'attendre à l'accueil avant un de ces « points de situation » — une mise en scène destinée à l'intimider avant même le début de la réunion. L'ancienne cheffe de service, dès qu'elle perdait le contrôle de la discussion, monopolisait la parole, coupait systématiquement la parole des usagers, rendant toute résolution pacifique ou régulée des conflits impossible.

Les comportements des usagers sont des « fautes » — ceux de l'institution, jamais

Certains comportements des usagers étaient qualifiés de « faute » par l'ancienne cheffe de service, alors qu'elle se rendait coupable des mêmes comportements de manière bien plus caricaturale. Ne pas répondre à un mail sous trois jours constituait une « faute » pour un usager — malade au moment des faits. Mais l'ancienne cheffe de service ne répondait pas à ses propres mails pendant des semaines, voire des mois, y compris pour des requêtes urgentes, sans que cela ne constitue jamais une faute de sa part.

Le 2 août 2024 résume à lui seul ces doubles standards : le même jour, un usager se voit refuser l'accès à la structure en pleine canicule pour avoir dénoncé des dysfonctionnements, tandis qu'un autre usager est réprimandé pour ne pas avoir dit bonjour. Des usagers attendent un suivi psychologique pendant des années sans que cela n'inquiète l'institution. Un manquement à la politesse est traité comme une faute grave.

Le temps des usagers n'a aucune valeur

L'institution n'accorde aucune valeur au temps des personnes accompagnées, considérant implicitement que celui des salariés est plus important. Les usagers sont traités comme des corps devant être en permanence disponibles pour recevoir des accompagnements, ce qui les rend de moins en moins disponibles pour participer à la vie de la cité. Le SAMSAH ne semble pas comprendre que des personnes autistes peuvent avoir un emploi du temps chargé — engagements professionnels, associatifs, familiaux — et que chaque rendez-vous non honoré, chaque retard, chaque convocation inutile leur coûte une énergie qu'elles n'ont souvent pas.

Impact sur les personnes accompagnées

L'asymétrie des relations provoque chez les usagers de l'anxiété, une désorganisation de leur quotidien, et un impact négatif sur le respect de leurs autres obligations. Plus grave encore, cette asymétrie, par son inertie, finit par modeler des relations qui tournent au harcèlement caractérisé, et donc à des maltraitances.

Certains usagers n'ont plus aucune confiance en une institution censée leur apporter de l'aide. En l'absence d'espace de discussion sain et sécurisant, il ne leur reste que deux options : ne pas faire valoir leurs droits et sombrer, ou combattre l'institution dans un rapport de force profondément déséquilibré.