Résumé

L'Apogei 94 est une association qui gère plus de vingt-cinq établissements médico-sociaux dans le Val-de-Marne, emploie environ 700 salariés et accompagne plus de mille personnes en situation de handicap. Elle est le principal acteur du handicap dans le département. Ce site documente des dysfonctionnements graves au sein de ses structures, constatés et signalés depuis 2024 sans qu'aucune mesure corrective n'ait été prise.

Le FAM et le SAMSAH de la Pointe du Lac

Le FAM (Foyer d'Accueil Médicalisé) de la Pointe du Lac, à Créteil, est un ensemble de services destinés à des adultes autistes. Le SAMSAH (Service d'Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés), qui en fait partie, est agréé pour accompagner 40 personnes sur l'ensemble du Val-de-Marne. Des faits à caractère sexuel ont été signalés à l'encadrement, qui n'y a pas donné suite. Un éducateur a sollicité et obtenu, à plusieurs reprises, des sommes d'argent d'une usagère sous curatelle accompagnée par le service — des faits susceptibles de constituer un abus de faiblesse. L'usagère a par la suite été hospitalisée en psychiatrie. Des propos discriminatoires visant la religion d'une usagère vulnérable ont été tenus de manière répétée par un professionnel. Les accompagnements effectifs sont très en deçà du financement perçu : des usagers restent sans suivi pendant des mois, parfois plus d'un an, sans que le financement du service ne soit réduit en conséquence. Plusieurs usagers ayant alerté sur ces dysfonctionnements ont été sanctionnés : réduction de l'accompagnement, suppression d'activités collectives. L'un d'eux a été exclu du service pendant trente jours. Les professionnels qui s'opposent finissent par partir. L'ancienne cheffe de service, dont les pratiques ont fait l'objet de signalements répétés depuis 2024, a été mutée sans que l'institution ne reconnaisse aucun des faits signalés. La situation ne s'est pas améliorée depuis son départ.

Le GEM Agoratypique

Le GEM Agoratypique est un groupe d'entraide mutuelle pour personnes autistes, géré par l'association Agoratypique — une association de personnes autistes, fondée et dirigée par ses membres. L'Apogei 94, en tant qu'organisme co-gestionnaire, est censée soutenir cette association dans son fonctionnement. Dans les faits, elle paralyse le fonctionnement de l'association. L'organisme co-gestionnaire a bloqué pendant plus d'un an l'ouverture d'un compte bancaire, privant l'association de toute autonomie. Plus de 150 000 euros d'excédents budgétaires ont été reversés à l'ARS plutôt qu'investis pour les personnes autistes. Les équipements nécessaires ont été refusés ou retardés : le GEM paye depuis juillet 2025 le loyer d'un local qui, un an plus tard, n'a toujours ni tables ni chaises. Le poste d'animation devient vacant fin août 2026, pour la seconde fois en deux ans. La subvention revalorisée à 95 209 euros pour 2026 est absorbée à 95,6 % par trois lignes de charges — l'animation, le loyer et le fonctionnement courant — ce qui laisse un déficit d'environ 10 600 euros par an avant même toute activité. L'Apogei 94 impose une gestion verticale incompatible avec le modèle d'autodétermination prévu par le cahier des charges des GEM, et conditionne par écrit le maintien du portage financier à l'absence de contestation de ses pratiques. Les conséquences sont directes pour les personnes autistes : des activités qui ne peuvent pas être organisées, un local payé mais inutilisable, et des membres qui voient leur lieu d'entraide fragilisé et menacé par l'institution même qui est censée le soutenir.

L'organisme gestionnaire

L'organisme gestionnaire accumule les défaillances structurelles. L'Apogei 94 ne publie pas ses comptes pendant quatre ans, ne répond pas au rapport de la Chambre régionale des comptes, ne tient pas d'inventaire de ses biens depuis 2014, ne rédige pas de procès-verbaux de ses réunions de direction, et ne signale pas à ses financeurs publics l'existence d'un fonds de 1,1 million d'euros, alors même que ces fonds proviennent de dotations publiques. Les salariés qui constatent des dysfonctionnements ne peuvent pas les signaler sans s'exposer à des représailles. Les plus critiques finissent par partir. Ceux qui restent travaillent sous la crainte de ces représailles, avec des moyens insuffisants — les conséquences retombent sur les personnes autistes qu'ils sont censés accompagner. L'institution connaît par ailleurs des difficultés financières importantes, alors même que ses dirigeants imposent à l'association Agoratypique des contraintes de gestion budgétaire qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes.

Les autorités de tutelle

Les autorités de tutelle ont été alertées à plusieurs reprises — tant sur les maltraitances au SAMSAH que sur l'obstruction à l'autonomie du GEM. En août 2024, un rapport d'alerte de 58 pages a été transmis à l'ARS Île-de-France et au Conseil Départemental du Val-de-Marne par courrier recommandé. Plusieurs usagers ont déposé individuellement des réclamations auprès de l'ARS. Des courriers détaillant les dysfonctionnements dans la cogestion du GEM ont également été adressés à l'ARS et à l'organisme gestionnaire. Plus de trois mois plus tard, les plaignants qui avaient saisi l'ARS ont tous reçu la même réponse-type, reprenant mot pour mot l'argumentaire de l'institution mise en cause. Les demandes d'audience adressées à l'ARS par un usager ont toutes été refusées par mail. Le Conseil départemental du Val-de-Marne, lui, n'a pas répondu au signalement qui lui avait été adressé.

Ce site est rédigé dans le cadre de la protection des lanceurs d'alerte, après épuisement des voies de signalement internes et institutionnelles.