Emprise sur la vie quotidienne des usagers
Emprise sur la vie quotidienne des usagers
Le SAMSAH de la Pointe du Lac ne se contente pas d'accompagner les personnes autistes : il cherche à organiser leur vie entière selon ses propres contraintes, sans considération pour l'autonomie, les choix ou les obligations des personnes accompagnées. L'accompagnement ne s'adapte pas aux usagers — ce sont les usagers qui doivent s'adapter à l'institution.
Des horaires imposés qui excluent les usagers actifs
Les accompagnements et activités du SAMSAH sont programmés du mardi au vendredi, entre 10h et 16h environ — parfois 15h le vendredi. Les dates de rendez-vous sont imposées unilatéralement, sans consulter la disponibilité des usagers. Il arrive qu'on leur propose un faux choix entre une seule date et la même date.
Cette absence de flexibilité empêche les personnes accompagnées d'avoir des engagements professionnels, associatifs, sportifs, politiques ou familiaux. Un usager qui travaille voit de facto son accompagnement cesser — mais il reste comptabilisé dans les effectifs du service, permettant à la structure de continuer à percevoir les financements de l'ARS sans fournir de prestations effectives. Un usager qui travaille est, en quelque sorte, une mine d'or pour le SAMSAH.
Cette logique pourrait d'ailleurs expliquer l'empressement de l'institution à orienter les usagers vers des emplois en ESAT ou des postes de manutentionnaires : des emplois peu qualifiés, aux horaires compatibles avec ceux du SAMSAH, et qui ne risquent pas de rendre l'usager trop autonome ou trop indisponible.
Un accompagnement médical quasi impossible
L'accompagnement des usagers pour leurs rendez-vous médicaux est entravé par les mêmes contraintes horaires. Lorsqu'un usager a besoin d'être véhiculé pour un rendez-vous médical, il lui est demandé de trouver un créneau compatible avec les emplois du temps des accompagnants, la disponibilité des véhicules, les jours de formation du personnel et les autres accompagnements en cours. En pratique, la fenêtre réellement disponible est si étroite qu'il devient impossible d'honorer un rendez-vous chez un spécialiste ou à l'hôpital public, où les dates sont souvent non négociables.
La direction a même interdit aux salariés de prendre les véhicules de service la veille au soir pour les rendez-vous du lendemain matin, rendant de fait impossibles les accompagnements médicaux en début de journée. Les usagers concernés se voient alors demander de se rendre par leurs propres moyens à leurs rendez-vous médicaux, en transports en commun — y compris lorsque leurs particularités sensorielles (hyperacousie, hypersensibilités) rendent l'utilisation du bus ou du RER particulièrement éprouvante.
Le contrôle des relations entre usagers
Le SAMSAH reproche aux usagers de devenir « trop proches » entre eux. L'institution va jusqu'à interroger des usagers sur la nature de leurs relations avec d'autres personnes accompagnées. Les usagers qui se voient à l'extérieur de la structure et développent un esprit de solidarité face aux dysfonctionnements qu'ils subissent se voient reprocher ce comportement.
Cette volonté de contrôler les relations entre usagers s'inscrit dans une logique d'isolement systématique : empêcher toute solidarité, toute mise en commun des expériences, et donc toute critique collective de l'institution.
Le contrôle des choix de vie
L'institution se permet des commentaires et des jugements sur les choix de carrière des usagers. Certains métiers ne sont pas considérés comme de « vrais métiers » — game artist, métiers artistiques — sans que la structure ne soit jamais capable de définir ce qui constitue un « vrai métier ». Si un usager ne s'oriente pas vers un métier jugé acceptable par l'institution, celle-ci refuse de l'accompagner dans la réalisation de son objectif.
Des prestations comme le DuoDay — une immersion d'une journée dans un service professionnel — sont parfois imposées aux usagers sous pression, non pas pour répondre à leurs besoins, mais pour permettre à la structure de justifier a posteriori d'un accompagnement qualitatif pour un effort minimal.
Impact sur les personnes accompagnées
Le SAMSAH a pour mission de développer l'autonomie des personnes accompagnées et de favoriser leur insertion dans la vie de la cité. En pratique, l'institution fait l'inverse : elle impose ses horaires, contrôle les relations sociales, juge les choix de vie, et pénalise ceux qui parviennent à gagner en autonomie en les privant de l'accompagnement dont ils ont encore besoin.
Les usagers ne sont pas traités comme des citoyens ayant des droits et une vie propre, mais comme des corps devant être disponibles en permanence pour recevoir des prestations — quand ces prestations existent.