Alertes restées sans réponse
Alertes restées sans réponse
Depuis août 2024, une série d'alertes a été adressée à l'organisme gestionnaire et aux autorités de tutelle, documentant des dysfonctionnements graves au sein de ses structures : maltraitances au SAMSAH, agressions sexuelles couvertes, emploi fictif, obstruction à l'autonomie du GEM, abus financier au FAM. Chaque alerte a été étayée par des faits précis, des témoignages, des pièces justificatives. Aucune n'a reçu de réponse substantielle.
Chronologie des alertes
14 août 2024 — Rapport d'alerte (58 pages). Un rapport détaillé, rédigé en qualité d'usager du SAMSAH de la Pointe du Lac, documente des maltraitances systémiques : agressions sexuelles couvertes, accompagnements fictifs, sanctions contre les lanceurs d'alerte, méconnaissance de l'autisme, dérives sectaires, violations de la vie privée. Ce rapport est transmis par mail à plusieurs responsables de l'organisme gestionnaire, et par courrier recommandé le 19 août 2024 à l'ARS Île-de-France et au Conseil Départemental du Val-de-Marne. Il constitue le signalement interne et institutionnel prévu par la loi sur la protection des lanceurs d'alerte. Ni l'ARS ni le Conseil Départemental n'ont apporté de réponse officielle.
24 août 2024 — Courrier à l'ancienne cheffe de service du SAMSAH. Dix jours après le rapport d'alerte, un courrier recommandé est adressé à l'ancienne cheffe de service. Il documente une sanction déguisée prise en représailles de l'alerte : le 2 août 2024, le lanceur d'alerte s'est vu refuser l'accès aux locaux du SAMSAH, y compris pour se reposer malgré des températures caniculaires et un état de santé fragile. Le courrier rappelle l'existence du rapport de 58 pages et invite les supérieurs hiérarchiques à prendre des mesures conservatoires.
19 septembre 2024 — Rendez-vous au siège de l'organisme gestionnaire. Le directeur général et le directeur de l'offre médico-sociale reçoivent le lanceur d'alerte en personne. Une victime d'agression sexuelle témoigne directement devant eux. Le directeur général se montre très peu attentif aux faits exposés. Sa seule préoccupation est d'exiger le nom d'un membre vulnérable victime d'abus de faiblesse — nom qui ne lui est pas communiqué, compte tenu du risque de représailles. Il répond qu'il ne peut rien faire sans ce nom. Aucune empathie n'est exprimée envers la victime d'agression sexuelle présente dans la pièce.
12 novembre 2024 — Rendez-vous tripartite avec l'ARS. Un rendez-vous est organisé entre l'Agoratypique, l'organisme gestionnaire et l'ARS. L'Agoratypique attire l'attention sur le retard d'investissement chronique du GEM et sur les dysfonctionnements documentés. L'existence du rapport d'alerte d'août 2024 est rappelée, et certains éléments en sont exposés dès lors qu'ils touchent de manière connexe le GEM. L'ARS écoute, mais ne donnera aucune suite. L'organisme gestionnaire affirme devant l'ARS avoir « toujours eu une position constante » sur le sujet du compte bancaire — affirmation documentée comme étant inexacte.
28 janvier 2025 — Courrier recommandé de 41 pages. L'Agoratypique adresse un courrier recommandé à l'organisme gestionnaire, documentant point par point : l'obstruction au compte bancaire, les agressions sexuelles et l'absence de prise en charge des victimes, l'emploi fictif de l'ancien animateur du GEM, les vols et détournements, l'abus de faiblesse sur un membre vulnérable. Ce courrier n'a reçu aucune réponse substantielle.
10 juin 2025 — Courrier à l'ARS Île-de-France. L'Agoratypique écrit directement à l'ARS pour exposer la situation du GEM : retard d'investissement, nécessité d'un local, urgence de la signature d'une convention de gestion. Ce courrier demande des réponses claires sur la trésorerie disponible et les autorisations de dépense. Un rendez-vous avec l'ensemble des parties prenantes avait été demandé dès le mois de mai. L'ARS a d'abord promis une proposition de date, puis annoncé qu'il était « compliqué d'organiser une réunion avant les vacances », proposant une réponse écrite à la place. Cette réponse écrite, reçue le 25 juin, renvoie l'Agoratypique vers l'organisme gestionnaire pour les questions budgétaires clés — chaque partie renvoyant vers l'autre. L'Agoratypique a réitéré sa demande de rendez-vous tripartite le 25 juin : cette demande est restée sans réponse. Aucun rendez-vous n'a jamais eu lieu.
3 décembre 2025 — Courrier recommandé au FAM de la Pointe du Lac. L'Agoratypique signale à la directrice du FAM un abus financier commis par un éducateur sur une usagère sous curatelle, membre du GEM. L'éducateur a emprunté de l'argent à cette personne vulnérable, puis nié les faits, provoquant chez elle une détresse psychologique ayant conduit à son hospitalisation. Le courrier rappelle que des pratiques similaires de gaslighting avaient déjà été signalées en août 2024, sans réponse de l'institution.
6 mars 2026 — Mise en demeure de 22 pages. L'Agoratypique adresse une mise en demeure formelle à l'organisme gestionnaire, documentant l'ensemble des manquements dans la cogestion du GEM : blocage budgétaire, engagements non tenus, refus de prise en compte du handicap, doubles discours, conflits d'intérêts, condescendance, opacité comptable. Le courrier formule des demandes précises et attend des réponses claires.
23 mars 2026 — Réponse de l'organisme gestionnaire (2 pages). La seule réponse reçue à l'ensemble de ces alertes tient en deux pages. Aucune des demandes formulées n'est traitée. Aucun des faits documentés n'est contesté sur le fond. L'organisme gestionnaire propose une médiation sans cadre et menace de retirer le portage financier du GEM. La réunion de travail prévue est annulée.
Ce qui n'a jamais reçu de réponse
La liste qui suit n'est pas exhaustive, mais à la date de rédaction de cet article, les faits suivants n'ont fait l'objet d'aucune enquête interne, d'aucune sanction, et d'aucune réponse substantielle de la part de l'organisme gestionnaire :
- Les faits susceptibles de constituer des agressions sexuelles, commis au GEM et au SAMSAH par un usager orienté par l'institution.
- L'emploi de l'ancien animateur du GEM, recruté par un membre de sa propre famille au sein de l'institution, et dont les manquements professionnels ont été documentés.
- Les faits susceptibles de constituer des vols et des détournements imputés à cet animateur.
- Les faits susceptibles de constituer un abus de faiblesse sur un membre vulnérable du GEM.
- Les faits susceptibles de constituer un abus financier d'un éducateur sur une usagère sous curatelle au FAM.
- L'ensemble des dysfonctionnements budgétaires documentés dans le dossier GEM.
L'ancienne cheffe de service, dont le rôle dans plusieurs de ces faits est documenté, s'est vu proposer une simple « mobilité interne ». Aucune autre mesure n'a été prise.
Un schéma systémique
Le problème n'est pas seulement qu'une alerte ait été ignorée. C'est que toutes l'ont été. Sur une période de vingt mois, à travers des courriers recommandés, des rendez-vous en personne, des témoignages directs de victimes, des mises en demeure formelles — l'organisme gestionnaire n'a jamais apporté de réponse à la hauteur des faits signalés. Ce silence n'est pas accidentel : il est répété et systématique.