Népotisme et confusion d'intérêts

Népotisme et confusion d'intérêts

L'ancienne cheffe de service du SAMSAH de la Pointe du Lac, alors référente du GEM au sein de l'organisme co-gestionnaire, a géré le service et le GEM sans distinction claire entre ses relations personnelles et ses responsabilités professionnelles. Un membre de sa famille a été recruté comme animateur du GEM. Cette pratique n'est pas un incident isolé : elle s'inscrit dans un mode de fonctionnement dans lequel les décisions de recrutement échappent à tout contrôle institutionnel.

Le recrutement familial de l'animateur du GEM

Ce cas est documenté en détail dans le premier article de ce dossier. En résumé : l'ancienne cheffe de service a recruté un membre de sa propre famille comme animateur du GEM, en invoquant des difficultés de recrutement dans le secteur médico-social. Le candidat ne disposait ni des diplômes ni des compétences attendues. Son contrat, présenté comme « temporaire », a duré un an, pour un coût documenté de manière contradictoire : 40 795,87 euros selon certaines sources, 46 675 euros selon d'autres. Pendant cette période, l'animateur n'a rempli aucune de ses missions. Des vols et des détournements lui ont été imputés, ainsi qu'un emprunt non remboursé à un membre vulnérable. Ses heures de travail étaient validées par la personne de sa propre famille, rendant tout contrôle impossible.

L'organisme co-gestionnaire a été informé de l'ensemble de ces faits. Il n'a diligenté aucune enquête, prononcé aucune sanction, et n'a apporté aucune réponse substantielle au courrier recommandé de l'Agoratypique du 28 janvier 2025 qui les documentait en détail.

Une confusion entre la personne et l'institution

Le mode de gestion de l'ancienne cheffe de service ne distinguait pas clairement les décisions personnelles des décisions institutionnelles. Cela se traduisait par des décisions de recrutement, de gestion du personnel et d'organisation du service prises sans cadre institutionnel apparent, en fonction de ses propres relations et arbitrages. Les critiques adressées au service donnaient lieu à des réponses personnelles plutôt qu'à un traitement institutionnel.

Ce fonctionnement a eu des conséquences directes sur le GEM : le recrutement de l'animateur relevait d'un choix personnel, pas d'un processus institutionnel. La tentative de prolonger son contrat relevait d'un arrangement familial, pas d'une évaluation professionnelle. Et lorsque le président de l'Agoratypique s'est opposé au renouvellement de ce contrat, c'est la relation personnelle entre l'ancienne cheffe de service et l'animateur qui a été défendue, pas l'intérêt du GEM.

L'absence de prévention des conflits d'intérêts

Ce qui est en cause n'est pas seulement le comportement de l'ancienne cheffe de service, mais l'absence totale de mécanismes de prévention au sein de l'organisme co-gestionnaire. Aucune procédure n'a empêché le recrutement d'un membre de la famille de la personne chargée de superviser le poste. Aucun contrôle n'a été exercé sur les heures de travail d'un employé dont les relevés de présence étaient validés par un membre de sa propre famille. Aucune vérification n'a été effectuée sur les dépenses imputées au GEM pendant cette période — dépenses dont certaines restent inexpliquées à ce jour.

L'organisme co-gestionnaire emploie environ 700 salariés et gère des dizaines d'établissements financés par l'argent public. L'absence de dispositif de prévention des conflits d'intérêts, pour un organisme de cette taille et percevant des financements de cette importance, pose une question institutionnelle qui dépasse le seul périmètre du GEM.